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Au siècle dernier...

Photo d'époqueÀ ses débuts, le club se nomme le "Gabarret Stade". Après la guerre de 1914, par manque de jeunes, Gabarret s’associe avec les Gersois de Castelnau-d’Auzan pour créer le Gabardan-Auzan Stade. En 1930, chacun reprend son autonomie. C’est ainsi que naît le Gabardan Athlétique Sport.

Au départ, l’équipe joue en maillot rouge et short bleu, peut-être sous l’influence d’un gabardan exilé à Paris et fan du Stade Français. Plus tard, le maillot devient rayé rouge et bleu par admiration pour le F.C. Lourdais.

Deux personnes instaurent ce nouveau sport qu'est le rugby : Maurice Labau, industriel du bois et gros agriculteur, ancien licencié du SBUC lorsqu’il était étudiant à Bordeaux, et Henri Donès instituteur. Joueurs tous les deux, ils délèguent la présidence à Louis Monségur, pharmacien et acteur lui-même.

Évoquons les joueurs de la première heure : Auguste Amiel, créateur de l’hymne du club, et Pierre Saint-Sever, morts à la guerre de 14, Eugène Couralet, Aristide Lamarque et Jean Tachouzin.

C'est en 1958 que le club décroche le premier titre de champion de France (Promotion d’Honneur, capitaine Pierre Fittan), puis en 1979 (Juniors Dané, capitaine Jean-Marie Lartigue).

Quelques joueurs marquants : Claude Barrère (Bègles), René Lafitte dit Magino (TOEC), Marcel Regagnon (TOEC), Louis Fitte (Saint-Gaudens), Pierre Fourteau (Condom, international universitaire), Marc Labat (Mont-de-Marsan), Bébert Lugat (Agen), Pierre Noguès (Bègles), Bernard Curt (Bordeaux-Facture XIII, international à XIII), Michel Couturas (Mont-de-Marsan, Agen, international militaire), Christian Mougin (Agen), Franck Boudé (Condom), Philippe Lazartigues (Condom), François Roma (Auch), Jean-Claude Briscadieu (Condom, Mont-de-Marsan), Jean-Louis Degers (Mérignac), Jacquy Dubouch (Agen), François Labat (Bègles, international B), Jean-Marie Lartigue (Condom), Richard Lazartigues (Bègles, Condom), Marc Pigeon (Mont-de-Marsan et Tyrosse).

Le Préfet…aux champs. Guy Dumas, licencié au GAS depuis cinquante ans, tour à tour joueur, arbitre, président pendant huit ans et toujours dirigeant, se délecte à nous conter une anecdote des temps héroïques. « En 1910, Gabarret rencontre le Stade Montois créé deux ans auparavant. Pendant le match, les locaux malmènent les joueurs du Moun et les supporters Rouge et Bleu scandent : La préfecture à Gabarret ! » Finalement les Montois s’imposent 9 à 6. Le Préfet n’aura pas à déménager !

La naissance d’une culture

Entre les deux guerres, pendant ses études, Roger Dubos, originaire de Losse, gendre de M.Labau, opère comme trois-quart centre au sein du prestigieux Aviron Bayonnais. A son retour à Gabarret, cet excellent joueur, féru d’offensive, imprègne le rugby local du jeu « à la Bayonnaise ».

Roger, capitaine-entraîneur autoritaire mais très respecté et buteur redoutable, prêche l’exemple. Il inocule le virus de l’attaque autour de lui et tout un art de vivre qui va avec. Presque un siècle plus tard, ce style de jeu très ouvert qui sollicite les lignes arrière perdure. Cette philosophie, transmise de génération en génération, habite la mémoire collective de ce coin de Gascogne et se transforme en réflexe dès les premiers émois procurés par le maniement de la balle ovale.

Ainsi, au fil des années, l’école Gabardanne génère l’avènement de joueurs talentueurs, à la technique individuelle élaborée, dotés d’un bel esprit offensif et adeptes du jeu de ligne, mécanique collective de précision.

Bébert Lubat, M.Labat, C.Mougin, M.Couturas, C.Malartic, P.Lazartigue, Pépé Curt, futur international à XIII, et les pépites des années 80 font le bonheur des grands clubs alentour comme le Stade Montois, Agen, Condom ou Bègles.

Roger Dubos, disparu suite à un accident de voiture dans les années 50, a donné son nom au stade de Gabarret. Tel un prophète, sa parole se transmet toujours de père en fils, d’éducateur en élève, et permet à ses disciples de vivre de belles émotions.

La génération bénie des dieux

Quels éducateurs n’ont pas rêvé de découvrir, de former et de voir s’épanouir une bande de gamins réceptifs, doués, intelligents et solidaires ? Parfois ce rêve se réalise, favorisé par une politique de formation volontariste, mise au service d’une culture atavique du jeu et de repères partagés par tout un club.

Gabarret connaît ce bonheur avec un groupe de jeunes nés dans les années 60, qui s’annoncent prometteurs dès l’école de rugby.

Cette génération confirme son talent et atteint en 1978 les quarts de finale du championnat de France cadets, toutes catégories. L’aventure continue en juniors Danet par la conquête, l’année suivante, du titre national.

Dans la foulée, ces espoirs intègrent l’équipe première en troisième division. Entraînés par C.Mougin et M.Erizabal, ils pratiquent un jeu spectaculaire fait d’attaques incessantes des lignes arrière.

Qualifiés tous les ans, ils remportent le Challenge de l’Espoir en 1981 et 1982, et manquent pour un point la montée en deuxième division. Une équipe de ce calibre, « où tous les joueurs étaient bons », ne laisse pas insensibles les recruteurs des clubs huppés. M.Pigeon, futur président, F.Labat, J.Dubouch, J.-L. Degers, J.-C Briscadieu, J.-M Lartigue, R. Lazartigues rejoignent des clubs "nationale" voisins.

Certains autres comme J-M Froment, D.Daubat ou J.-Brunet possèdent également les qualités pour s’expatrier, mais le GAS réussit à les conserver en les fixant professionnellement. Connaître et voir grandir une telle « dream team », quelle récompense, quel aboutissement pour tous ces passionnés, ces bénévoles qui œuvrent sans compter et ne demandent rien en retour !